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* Le plan de lutte contre les violences faites aux enfants *

Mise à jour le 20 novembre 2019

C'EST QUOI ?

À l’occasion de la célébration des 30 ans de la CIDE, mercredi 20 novembre, Adrien Taquet, secrétaire d’État à la protection de l’enfance, a lancé un plan de lutte contre les violences faites aux enfants. Après le lancement des travaux sur les 1000 premiers jours de la vie de l’enfant et l’annonce de la Stratégie nationale de Prévention et de Protection de l’Enfance (voir note de veille précédente), le plan de lutte contre les violences faites aux enfants constitue le troisième pilier du pacte pour l’enfance annoncé à l’automne 2018.

« S’attaquer aux violences faites aux enfants n’est pas seulement une urgence au regard de la situation actuelle, c’est un impératif pour que la France soit à la hauteur de ce que nous entendons collectivement représenter en tant que pays » explique le secrétaire d’État. Selon lui, la réussite du plan ne sera possible qu’à une condition : « la mobilisation de l’ensemble de la société pour que la lutte contre ces violences devienne un enjeu de société et un combat prioritaire pour les années 2020 ». Le nouveau plan de lutte contre les violences faites aux enfants a pour pour objectif de protéger chaque enfant « en tout lieu et à tout moment, afin qu’aucun contexte ni aucun environnement n’échappe à la vigilance nécessaire ».

Il contient 22 mesures autour de cinq axes. Adrien Taquet a souhaité que les axes soient écrits à la première personne « pour valoriser la parole de l’enfant » :


1. Ouvrez les yeux, parlez-moi

Sensibiliser, former et informer


2. Écoutez-moi et agissez

Recueillir la parole, favoriser le repérage et les signalements


3. Où que j’aille, protégez-moi

Mieux protéger les enfants dans leur quotidien


4. Aidez-moi à en sortir

Mieux accompagner les enfants victimes


5. Faites que ça n’arrive pas

Prévenir le passage à l’acte et la récidive


Parmi les mesures du Plan, on retiendra :

  • Renforcer le « 119 Allo enfance en danger » : selon Adrien Taquet, deux tiers des appels au 119 ne sont pas traités immédiatement par faute de moyens. Des moyens supplémentaires seront donc alloués. Une campagne de communication va permettre de mieux faire connaître le numéro d’urgence. « Aujourd’hui en France, face à des suspicions de violences sur un enfant, seul un Français sur 4 appelle le 119. Quand il y a un doute, on appelle » rappelle le secrétaire d’État.

  • Mieux recueillir la parole des enfants : le plan prévoit de déployer plus d’espace pour accueillir la parole des enfants victimes de violence. Ils seront déployés dans chaque département contre 58 aujourd’hui. Les échanges pourront notamment être filmés afin d’éviter que les enfants n’aient à raconter plusieurs fois les violences vécues.

  • Accompagnement post-traumatique : un budget de 2 millions d’euros est prévu en 2020 pour lancer 5 projets sélectionnés de « prise en charge des psychotraumatismes ». C’est le Centre national de ressources et de résilience qui sera chargé de former les acteurs de cette prise en charge.

  • Un nouveau numéro pour les potentiels agresseurs avant le passage à l’acte : il sera créé « à titre expérimental ». L’objectif est de permettre à des personnes qui « se sentent attirées sexuellement par des enfants » de contacter cette ligne avant un potentiel passage à l’acte.

Cette ligne existe dans certains pays européens comme l’Allemagne.

  • Prévention pendant le temps périscolaire : profiter du temps périscolaire pour porter à la connaissance du plus grand nombre les risques, les façons d’en sortir et ainsi sensibiliser les enfants et les familles.

  • Enrichissement du carnet de grossesse pour prévenir les parents : l’objectif est qu’avant même la naissance de leur enfant, les parents soient mieux sensibilisés sur les « changements qui les attendent », mais également « les alerter des conséquences sur la santé du tout petit d’un seul secouement violent ou de l’exposition aux violences conjugales ».

Parmi les autres mesures, celle dévoilée par le Président de République, lors de la célébration des 30 ans de la CIDE à l’Unesco, de mieux protéger les enfants sur internet. Les peines pour l’utilisation d’images pédopornographiques seront portées à cinq ans et leurs auteurs automatiquement fichés, avec interdiction de travailler auprès d’enfants. Il a également donné six mois aux « acteurs de l’internet » pour « mettre en place un contrôle parental par défaut » et réclamé que les sites pornographiques renforcent les contrôles d’âge des internautes.


« On aime se voir comme un peuple avancé, éclairé, et pourtant on accepte encore que nos enfants vivent une situation insupportable » s’indigne Adrien Taquet avant de citer les 130.000 enfants victimes chaque année de violences sexuelles.




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