“Reconnaître, valoriser, encourager l’engagement des jeunes”, le rapport de France

Lundi 22 juin, France Stratégie, un organisme de concertation et de réflexion placé auprès du Premier ministre, a présenté son rapport “Reconnaître, valoriser, encourager l’engagement des jeunes”, commandé par Patrick Kanner, Ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports.

Le contexte

Ce rapport a été réalisé en vue de proposer des pistes de réflexion et des solutions pour mieux reconnaître, valoriser et encourager l’engagement des jeunes de 16 à 30 ans. Il a été rédigé en s’appuyant sur un ensemble de travaux de recherche (dont l’étude sur le vote et les jeunes réalisée par Civic Planet pour l’Anacej*) et sur l’analyse de questionnaires envoyés aux jeunes impliqués dans des partis politiques. Les auteurs, Beligh Nabli et Marie-Cécile Naves, se sont aussi reposés sur les entretiens et auditions réalisés auprès d’associations et d’acteurs de la politique jeunesse (dont un entretien de Mathieu Cahn, Président de l’Anacej et de nombreux professionnels d’organismes adhérents à notre association).

Si l’on en croit les marqueurs traditionnels de l’engagement ; participation électorale, adhésion aux partis politiques ou au organisations syndicales ou associatives, activités bénévoles, les jeunes sont moins engagés que leurs ainés. Ainsi, la représentation du jeune comme un être individualiste, désaffilié et désengagé semble se confirmer… Cependant, ce rapport permet de tordre le cou à cette fausse représentation de la jeunesse, qu’à l’Anacej nous combattons depuis plus de 20 ans, dans le cadre de nos activités auprès des jeunes de conseils et des décideurs publiques ou bien à travers la compagne Stop aux Clichés sur les jeunes.


Les enseignements

Ce que montre surtout cette étude c’est qu’il existe un véritable décalage entre les aspirations des jeunes en terme d’engagement et l’offre proposée par la société, figée dans des formes traditionnelles, qui ne semble pas être adaptée à cette nouvelle génération. Ainsi, partant de ce constat, les auteurs ont voulu comprendre, les ressorts et les formes de l’engagement de la jeunesse d’aujourd’hui, analyser les raisons de leur prise de distance avec l’offre disponible, afin d’identifier les moyens de favoriser cet engagement. Face à ce constat sévère, le rapport encourage les décideurs publiques à réagir de manière forte à “l’insuffisance et l’inadaptation de l’offre existante en matière de dispositif d’engagement”. Pour cela ils encouragent à suivre 3 orientations pour guider une action publique portant sur l’engagement des jeunes, comme levier de la cohésion sociale et nationale : faciliter la socialisation et la pratique même de l’engagement des jeunes ; reconnaître et valoriser cet engagement  et encourager l’engagement des jeunes dans le processus de décision.

Les propositions

Les auteurs proposent dans le cadre de ces 3 orientations, 25 mesures en faveur de l’engagement des jeunes, dont certaines font particulièrement écho à nos échos.

Mesure 4 : Développer la culture et les pratiques démocratiques des lycéens :

A travers cette mesure les auteurs souhaitent que le lycée soit reconnu comme un espace d’apprentissage de la citoyenneté et pas uniquement comme un lieu où la finalité ne serait uniquement de sortir avec le BAC en poche ! Ils proposent d’aménager dans les lycées Français des espaces de débats, interactifs et contradictoires. Ces débats pourraient être mis en place avant les élections, avec des représentants d’organisation de jeunesse des partis, permettant aux lycéens de mieux appréhender les enjeux des scrutins et de dialoguer avec les futurs représentants démocratiques. Dans cette proposition, les auteurs reprennent les travaux que nous avons réalisé à travers notre étude sur les jeunes et le vote. En effet, notre étude montre bien que les 18-25 ans sont favorables à cette proposition à plus de 55%. Cette ouverture des lycées aux débats permettrait aux lycéens d’avoir une meilleure visibilité sur l’action des hommes politiques, d’apprendre à échanger en bonne intelligence et à se former un esprit critique indépendant. Déconstruction des préjugés sur la vie politique et établir une proximité entre le jeune citoyen et le système démocratique, la raison d’être de l’Anacej !

Mesure 7 : Rapprocher les bureaux de vote des lieux de vie effectifs des jeunes :

Faciliter l’exercice du vote ! Cette proposition va dans le même sens que l’ensemble des préconisations que nous portons dans le cadre de notre étude sur le vote et les jeunes. L’idée est plus de simplifier l’exercice et la démarche d’inscription que de rendre obligatoire le vote. Elle reprend d’ailleurs notre proposition d’étudier la possibilité de permettre aux étudiants de voter dans leur commune d’étude et non plus dans le lieu de résidence de leurs parents.


Mesure 8 : Lancer un débat national sur l’abaissement de l’âge du droit de vote à 16 ans :

Bien que nous ayons montré dans notre étude que les jeunes ne sont pas particulièrement en demande d’abaisser l’âge du 1er vote à 16 ans, les expériences menées à l’étranger (Autriche, dans certains Landers Allemands…) montrent que cela a une influence très positive tant sur le taux de participation que sur la satisfaction démocratique des jeunes.

Mesure 10 : Instituer une cérémonie à l’occasion du premier vote :

Comme M. Bruter, le précise dans notre étude, le premier vote a une représentation symbolique importante. A travers les différentes études qu’il a pu mener, il s’est rendu compte que chez un grand nombre de jeunes interrogés ce premier vote est souvent décrit comme “émouvant et positif”. Ainsi, l’idée de sacraliser ce premier vote en organisant une cérémonie semble être une solution pour fidéliser les jeunes électeurs. En effet les travaux de M. Bruter montrent aussi qu’un électeur qui va voter les 2 premières fois où il en a l’occasion, sera un électeur récurrent.


Les mesures 20, 21, 22, 23, 24 et 25 sont toutes relatives à l’idée d’encourager l’engagement des jeunes dans les processus de décision. Pour cela, les mesures proposées invitent les pouvoirs publiques à ouvrir davantage les institutions existantes aux jeunes, qui en sont trop souvent exclus et de créer des espaces nouveaux dans lesquels la jeunesse serait en mesure de faire entendre sa voix, non seulement à elle-même mais à l’ensemble de la communauté nationale”.

* Michael Bruter (Civic Planet) et Anne-Julie V-Clary (Civic Planet), “Rapport d’enquête : Les jeunes et le vote”, pour l’Anacej, juillet 2014

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