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Exclusion des enfants de l’espace public : un rapport pour comprendre et agir

21 août
2 min de lecture

Dernière mise à jour : 2 sept.

Saisie par la Haute commissaire à l’enfance Sarah El Haïry, la CNCDH (Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme) a produit un avis sur les espaces dits « no kids » ou « adults only », faisant un état des lieux et des propositions (lien ici). Un document utile pour comprendre, au-delà de l’espace public, les discriminations qui touchent les plus jeunes.

 


Un phénomène préoccupant

  

Pour la CNCDH, cette disparition progressive des enfants de l'espace public s'explique par la convergence de plusieurs facteurs sociétaux :

  • Un espace urbain pensé avant tout pour l'automobile au détriment des piétons.

  • Une angoisse des parents par rapport à la sécurité des enfants, conduisant à une protection parfois excessive et à la création d'« enfants d'intérieur ».

  • Une intolérance d'une partie de la population face aux enfants, de plus en plus perçus comme des sources de nuisances.

 

« La banalisation des espaces « no kids » illustre une inquiétante domination adulte, que l'on appelle l'adultisme, où l'enfant est perçu, soit comme un être en danger, soit comme un élément qui dérange. » Jean-Marie Burguburu, président de la CNCDH

Cette invisibilisation porte atteinte au respect des droits fondamentaux des enfants et à leur développement. Elle favorise la sédentarité, détériore leur santé mentale (hausse des troubles anxieux et de l'isolement) et freine considérablement l'apprentissage de leur autonomie.

 

La CNCDH souligne en outre que cette exclusion est socialement très inégalitaire. Elle frappe de plein fouet les enfants issus de milieux défavorisés qui dépendent des espaces publics gratuits, les jeunes racisés soumis à la stigmatisation, les filles entravées par des stéréotypes de genre, ainsi que les enfants en situation de handicap pour qui l'accessibilité reste un obstacle majeur.

 

En réponse, l’institution formule 18 recommandations dans des champs très larges pour améliorer la place des enfants dans la société.

 

 

Les « villes à hauteur d’enfant », une démarche vertueuse à développer avec eux

 


L’Anacej a été auditionnée pour ce rapport et était invitée à témoigner lors de la remise officielle de l’avis le 6 juillet sur les actions concrètes des collectivités qui, au contraire, pensent l’espace urbain pour et avec les enfants et les jeunes.

 

Nous avons pu rappeler que cette démarche existe dans plusieurs pays, depuis son initiateur Francesco Tonucci en Italie, et que de nombreuses villes en France ont mené des actions volontaristes ces dernières années, notamment dans notre réseau. Nous avons ainsi traité ce sujet lors notre Rencontre nationale du réseau à Lyon en 2024 et sur notre site objectif-citoyennete-enfance-jeunesse.fr avec de nombreux exemples et ressources. Les « rues aux enfants » soutenues par l’Anacej participent aussi à cette transformation.

 

Ces démarches doivent et ne peuvent se faire de façon pertinente qu’avec la participation des premiers concernés, comme le montrent de nombreux exemples et comme le rappelle ce rapport dans sa partie « Faire participer les enfants aux politiques publiques ». Elles profitent à tou·te·s pour une ville plus inclusive, une société apaisée où chacun·e ait sa place.

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Un regard à 360° sur l'actualité des politiques en lien avec la participation des enfants et des jeunes

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