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La 12ème campagne Provox est en phase de consultation ! 

5 oct.
6 min de lecture

Cette démarche vise à créer un dialogue entre les jeunes de 13 à 30 ans, les organisations de jeunesse et les décideur·euses publics afin que les jeunes puissent contribuer aux politiques qui les concernent.

Uriel MOULET, chargé de projet « dialogue structuré » au Cnajep, nous explique son fonctionnement et ses enjeux.


Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est Provox, comment cette démarche fonctionne ? À qui s’adresse cette démarche et quel est son objectif ?  

 

Provox est la déclinaison française du Dialogue de l’Union européenne en faveur de la jeunesse, un dispositif participatif institutionnel mis en place à l’échelle européenne.

 

En France, la campagne Provox est coordonnée par le Cnajep avec la Direction de la jeunesse, de l’éducation populaire et de la vie associative (DJEPVA) et l’Agence Erasmus+ Jeunesse & Sport, en copilotage avec un Groupe national de travail (GNT). Ce groupe réunit différents acteurs impliqués dans les politiques de jeunesse : des associations de jeunesse et d’éducation populaire, des chercheur·euses, des conseils de jeunes, des représentant·es institutionnel·les, ainsi que les Jeunes Délégué·es français·es au Dialogue de l’Union européenne en faveur de la jeunesse. Ces dernier·ères ont notamment pour rôle de porter la parole et les recommandations des jeunes français·es dans les espaces européens du Dialogue UE Jeunesse et de participer aux Conférences européennes de la jeunesse.


Chaque campagne s’inscrit dans un cycle de 18 mois du Dialogue UE Jeunesse, et se construit autour d’un des Objectifs européens pour la jeunesse. 

 

Quelles sont les étapes et quelle place elle donne concrètement à la parole des jeunes ?

 

Les campagnes Provox se déroulent sur 18 mois en 3 phases :

  1. une phase de consultation nationale : à partir de l’objectif européen qui cadre la campagne, une thématique commune est définie à l’échelle de l’Union européenne. Chaque pays organise ensuite sa propre consultation nationale pour recueillir la parole des jeunes sur cette problématique, selon ses réalités et son contexte. En France, les jeunes peuvent participer à des ateliers et à un sondage national pour partager leurs expériences, leurs constats et leurs propositions. Les résultats français sont ensuite analysés puis mis en commun avec ceux des autres pays européens afin d’alimenter les travaux du Dialogue de l’Union européenne en faveur de la jeunesse.

  2. une phase de recommandations : où les jeunes construisent à partir des résultats de la consultation et des problèmes identifiés des recommandations vers les niveaux institutionnels / décisionnels nationaux et européens.

  3. une phase de conclusion : à l’issue de la campagne, les recommandations construites par les jeunes sont diffusées et portées auprès des décideur·euses, en France comme au niveau européen, à travers des actions de communication et de plaidoyer. Cette phase accompagne également l’adoption de la résolution européenne issue du cycle du Dialogue UE Jeunesse et vise à faire connaître ses orientations, à valoriser les propositions formulées par les jeunes et à encourager leur prise en compte dans les politiques publiques.

 

Cette 12e campagne porte sur « l’information et l’esprit critique ». Pourquoi avoir choisi ce sujet, quels constats ont conduit à ce choix ?

 

Avec les enjeux liés à l’intelligence artificielle, à la polarisation des débats ou encore au fonctionnement des algorithmes, cette thématique nous paraît particulièrement centrale aujourd’hui. Elle ne relève cependant pas d’un choix uniquement français : chaque campagne Provox s’inscrit dans le cadre du Dialogue de l’Union européenne en faveur de la jeunesse et travaille à partir de l’un des onze Objectifs européens pour la jeunesse.

Ces objectifs ont eux-mêmes été construits avec les jeunes : en 2017-2018, environ 50 000 jeunes de toute l’Europe ont participé au 6e cycle du Dialogue UE Jeunesse, qui a abouti à la définition des onze Objectifs européens pour la jeunesse aujourd’hui intégrés à la stratégie européenne en faveur de la jeunesse.


Le Dialogue UE Jeunesse fonctionne ensuite par cycles de 18 mois, chacun étant associé à une priorité thématique et à un ou plusieurs de ces objectifs. Le 12e cycle, qui se déroule de juillet 2026 à décembre 2027, porte ainsi sur l’Objectif européen n°4 : « Information et dialogue constructif ».

À l’échelle européenne, le processus est piloté par un Groupe de pilotage européen (European Steering Group). Il réunit notamment :

  • la tri-présidence du Conseil de l’Union européenne, c’est-à-dire les trois États membres qui exercent successivement, pendant six mois chacun, la présidence du Conseil de l’UE et qui assurent ensemble la conduite politique du cycle pendant ses 18 mois ;

  • le Forum européen de la jeunesse, qui rassemble des conseils nationaux de jeunesse et des organisations internationales de jeunesse et porte la voix de la société civile jeunesse dans le processus ;

  • la Commission européenne, qui assure notamment le lien avec la stratégie européenne en faveur de la jeunesse et contribue à la continuité et à la mise en œuvre du dispositif ;

Ce groupe donne les grandes orientations de la campagne: sa priorité thématique, les modalités de consultation, les Conférences européennes de la jeunesse et la cohérence entre les différentes étapes du processus. Chaque pays décline ensuite ce cadre européen à son échelle nationale. En France, c’est la campagne Provox qui organise cette déclinaison, en adaptant la problématique au contexte français tout en permettant aux résultats de rejoindre ensuite le travail mené à l’échelle européenne.

 

La campagne est actuellement dans sa phase de consultation : en quoi consiste-t-elle concrètement ? Et sur quelles questions les jeunes sont-ils invités à réfléchir et à s’exprimer ?


La phase de consultation consiste à recueillir directement la parole des jeunes de 13 à 30 ans, à la fois à travers un sondage en ligne et des ateliers participatifs organisés dans différents territoires avec des organisations de jeunesse et d’éducation populaire membres du Groupe National de Travail. L’objectif est de croiser des données quantitatives avec des échanges plus qualitatifs, afin de mieux comprendre leurs pratiques, leurs préoccupations et leurs attentes.  Les jeunes sont notamment invités à réfléchir à plusieurs questions : comment accéder à une information fiable, comment vérifier les sources et repérer les contenus trompeurs, comment mieux comprendre l’influence des réseaux sociaux, des algorithmes et de l’intelligence artificielle, mais aussi comment produire et partager de l’information de manière responsable.

 

Une fois la consultation terminée, que deviennent les contributions des jeunes ? Comment sont-elles portées auprès des décideurs, notamment a niveau européen ?

 

Une fois la consultation terminée, les contributions recueillies en France sont analysées et synthétisées afin de faire ressortir les principaux constats, besoins et propositions exprimés par les jeunes.


Ces résultats français sont ensuite transmis au niveau européen et mis en commun avec ceux des autres pays participant au dialogue de l’UE en faveur de la jeunesse. Ils alimentent deux choses : - les travaux des conférences européennes de la jeunesse, où les jeunes délégué·es, les représentant·es des États et les autres acteur·rices du processus travaillent à partir de ces contributions pour faire émerger des recommandations européennes communes.

-       Les travaux de la phase de recommandations en France, avec des rencontres sur le territoire et un Festival Provox qui visent à utiliser ces résultats pour en faire des recommandations vers les niveaux nationaux et européens.

Une fois les recommandations faites elles servent à la dernière phase de la campagne qui vise à les diffuser et agir pour que la résolution européenne adoptée prenne en compte les recommandations des jeunes. Expliquer davantage l’enjeu autour de la résolution européenne et donner un exemple sur l’impact que ça peut avoir sur les politiques publiques en France comme la clause impact jeunesse.

 

Pourquoi est-il important que les jeunes, y compris ceux qui ne sont pas particulièrement familiers avec les questions d’éducation aux médias, participent à cette consultation ?

 

Il est important que des jeunes aux profils très différents participent à cette consultation, y compris celles et ceux qui ne sont pas particulièrement familiers avec les questions d’éducation aux médias. L’objectif n’est pas de recueillir uniquement l’avis de jeunes déjà sensibilisés ou experts du sujet, mais de comprendre les pratiques réelles : comment on s’informe, à quelles sources on fait confiance, quelles difficultés on rencontre, comment on utilise les réseaux sociaux ou l’intelligence artificielle, et dans quelles conditions on se sent libre de s’exprimer. La consultation cherche justement à faire émerger les besoins des jeunes à partir de leurs expériences quotidiennes, et pas seulement à partir de connaissances théoriques.

Plus les profils, les territoires et les situations seront divers, plus les résultats permettront d’identifier des besoins qui ne sont pas toujours visibles dans les espaces habituels de participation. C’est aussi essentiel pour éviter que les recommandations finales reflètent uniquement la parole de jeunes déjà très engagés ou à l’aise avec ces sujets.

 

Pourquoi les jeunes de notre réseau auraient-ils intérêt à participer à cette consultation et comment peuvent-ils concrètement le faire ?

 

Cette consultation est une occasion concrète de faire entendre leur expérience et leurs priorités sur des sujets qui touchent directement leur quotidien : l’information, les réseaux sociaux, l’IA, la désinformation, la liberté d’expression ou encore les espaces de débat. Leurs contributions seront analysées avec celles des autres jeunes consultés en France, puis transmises au niveau européen pour alimenter les prochaines étapes du dialogue de l’UE en faveur de la jeunesse.


Concrètement, ils peuvent participer de deux manières : en répondant au sondage Provox, ouvert aux 13-30 ans, ou en prenant part à un atelier de consultation organisé par une structure partenaire. Le sondage est accessible ici : https://provox.typeform.com/sondageprovox26



Pour plus d'informations, participez au webinaire de lancement de cette 12e campagne le mardi 17 novembre 2026, de 11h à 13h.

 

Les liens utiles :

 

 
 
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