Le collectif Jeunes en Meuse souffle ses trois bougies
- JM Treuil

- 19 déc. 2025
- 4 min de lecture
Le Conseil départemental de la Meuse a créé son dispositif de participation jeunesse en décembre 2022 avec le parti pris d’un format souple (voir notre article sur la création). Après l’anniversaire des 3 ans qui s’est tenu le 29 novembre, premier bilan avec Maxime Bienaimé, chargé de mission jeunesse.

Vous avez choisi à la création de ce dispositif un format souple ouvert aux jeunes de 11 à 29 ans, pouvez-vous nous présenter le fonctionnement ?
Les jeunes peuvent nous rejoindre à tout moment sur simple volontariat, il n’y a pas d’élection, juste l’étude d’une simple candidature en ligne dans laquelle ils présentent leurs motivations, ni d’engagement sur une durée déterminée. Nous avions prévu d’accueillir au maximum 50 jeunes. Nous organisons 3 rassemblements par an, sur une journée ou un week-end, la participation ponctuelle à des événements, à l’initiative du département ou des jeunes, ainsi que des rencontres avec les élu·e·s. Certains membres sont impliqués dans le jury du dispositif de soutien aux projets Idées jeunes 55.
Au début nous avons constitué 4 groupes de travail (communication ; attractivité culture sport loisirs ; solidarité bien-être ; développement durable). Un serveur discord nous sert beaucoup pour partager les travaux et maintenir le lien.
Quel bilan tirez-vous de ces trois premières années d’expérimentation ?
Nous avons eu un peu plus de 40 jeunes inscrits au départ, majoritairement entre 15 et 25 ans, une trentaine se sont engagés de façon régulière. Nous avons relancé une campagne de recrutement début 2025 permettant d’accueillir 12 nouveaux jeunes. Les profils sont variés mais on a peu de jeunes dits « éloignés », beaucoup sont engagés dans des associations. Aujourd’hui beaucoup suivent des études supérieures parfois pointues, quelques-uns sont aussi au Conseil régional des jeunes du Grand-Est.
Leur engagement est plus ou moins long. Nous avons une grosse contrainte car les jeunes sont obligés de quitter le département pour poursuivre leurs études supérieures, beaucoup gardent le lien mais il leur est plus difficile de s’impliquer. Aussi les groupes de travail ont du mal à produire un résultat. Ces premières années sont une phase de test, ça demande un gros travail de suivi et d’animation.
Comment communiquez-vous sur le dispositif, particulièrement pour maintenir ce renouvellement ?

Au lancement nous avons fait une campagne importante avec de l’affichage notamment, nous avons un bon relais dans certains collèges où les informations sont diffusées sur l’ENT (espace numérique de travail), ou avec certains partenaires comme les Maisons familiales rurales. On utilise bien-sûr les réseaux sociaux, avec une page Facebook et un compte Instagram que les jeunes contribuent à animer. La campagne début 2025 a bénéficié de moins de moyens. On s’appuie aussi sur les jeunes eux-mêmes qui prennent à cœur leur rôle d’ambassadeur, ils ont participé à un shooting photo pour les supports de communication et le bouche à oreille fonctionne bien. Deux fois par an, une page est dédiée à Jeunes en Meuse dans le journal 100% Meuse. On fait aussi deux fois par an, surtout pour l’interne, un document qui présente l’activité et les actualités du collectif. Il nous sert pour faire le lien avec les élu·e·s, les partenaires…
Justement, comment se passe le lien avec les élu·e·s ?
Le projet vient de la volonté de notre Président, Jérôme Dumont, qui était déjà élu au précédent mandat et avait la délégation jeunesse. Isabelle Perin, Vice-présidente jeunesse et sport est très présente, nous avons donc un appui important.
Les jeunes rencontrent régulièrement les élu·e·s, sont intégrés à des réflexions, ils ont par exemple participé avec eux à un atelier du Shift project sur les défis climat-énergie, à un autre sur « Citoyens tous meusiens » avec d’autres habitants engagés. Il y a une proximité favorisée car nous sommes un petit département où beaucoup de personnes engagées se connaissent et les liens se font facilement.
Nous aimerions que cette participation à la réflexion des élu·e·s soit plus instituée et approfondie, mais l’administration a beaucoup de sujets à leur soumettre et cela nécessite une évolution de la méthode.
Quelle suite envisagez-vous pour Jeunes en Meuse ?
Jeunes en Meuse est depuis le départ une construction commune entre jeunes, élu·e·s et administration. Nous avons fait un bilan et réfléchi à cette question lors de l’anniversaire le 29 novembre, avec les jeunes et les élu·e·s présent·e·s, à travers des tables rondes et un quizz pour se projeter dans 3 ans.
Les jeunes demandent à être plus consultés, à renforcer le lien avec les élu·e·s, il faut pour cela développer la reconnaissance de Jeunes en Meuse au sein de la collectivité.
Le format souple est maintenu. Même s’il est difficile à faire vivre, il facilite la participation et répond au désir de beaucoup de jeunes. Ils sont attachés à leur département, veulent montrer qu’on peut bien vivre en territoire rural. C’est un atout de développer ce lien, ce sentiment d’appartenance. Ainsi certains se sont impliqués dans le dispositif « Citoyens tous Meusiens », une autre instance de participation du Département ouverte à tous les âges, et nous réfléchissons à créer des liens aussi en dehors du département, notamment transfrontaliers. Nous sommes donc optimistes pour la suite.



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