Les MJC se projettent dans l’avenir
- 29 juin
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À l’occasion de son Assemblée générale du 20 juin, MJC de France qui fédère le réseau des MJC a adopté ses orientations pour 2026-2030 et poursuivi un travail prospectif « Quelle MJC en 2048 ? » en partenariat avec la Fonda, laboratoire d’idées de référence du monde associatif.
Antoine Petitmangin, responsable de plaidoyer et communication, nous partage les enjeux et réflexions pour répondre aux besoins des habitants.
Les MJC existent depuis longtemps et on pense les connaître, toutefois pouvez-vous nous rappeler ce qu’elles représentent aujourd’hui ?

Il y a près de 1000 MJC sur le territoire et elles touchent par an environ 4 millions de personnes de tout âge, la moitié ayant moins de 26 ans. Elles sont essentiellement implantées dans des communes de moins de 10 000 habitants, sont des lieux d’accueil, de lien social et d’activités avec un projet d’éducation populaire. Il ne s’agit pas seulement de donner accès à des pratiques mais de créer du collectif dans les territoires.
Pourquoi mener ce travail prospectif et à quels besoins concrets répond-il ?
Comme toute organisation, les MJC vivent avec les évolutions de la société, comme le vieillissement de la population, les enjeux de transition écologique, la montée de l’individualisme ou encore l’innovation technologique. Chaque structure doit s’y adapter et notre fédération accompagne les MJC pour trouver collectivement des solutions et fixer un cap.

Par exemple certaines MJC sont dans des territoires ruraux où il n’y a presque plus de jeunes. Les conseils d'administration des MJC comptent en moyenne 63% de femmes mais leur visibilité et leur proportion parmi les présidents restent à améliorer. Dans nos activités on constate un fort développement des pratiques liées au bien-être mais les MJC ne sont pas de simples salles de sport et on doit répondre à cette demande dans une démarche d’éducation populaire. Ou simplement doit-on se saisir de l’IA générative pour concevoir des documents de communication au détriment de l’emploi local…
Comment cette réflexion collective est-elle mise en œuvre ?
Elle a commencé en 2024 lors de notre convention nationale sur les transmissions, de savoir-faire entre pairs et entre générations, de nos singularités, qui a posé les premières pierres. Cette année, avec l’appui de la Fonda qui est intervenue lors de notre AG, nous partageons les réflexions sur les tendances profondes, en croisant notre vécu sur le terrain et les analyses plus macro qui permettent de mieux comprendre.

Le but est de concevoir un kit d’animation pour que chaque MJC puisse mener ce travail, il sera expérimenté par des groupes locaux début 2027 et diffusé lors de notre AG en juin. Chaque MJC pourra s’en saisir pour mettre en œuvre les orientations stratégiques et les engagements qui viennent d’être votés pour 2026-2030 (présentées sur cette page).
En quoi les MJC sont des acteurs dans les territoires pour répondre à ces évolutions ?

Le nombre médian d’adhérents dans les MJC est environ de 588, et 7% d’entre eux deviennent bénévoles. Cela signifie qu’on a dans chaque MJC en moyenne un groupe de 55 personnes impliquées dans le collectif, qui font vivre le projet. Dans des petites ou moyennes communes c’est important.
Ensuite agir avec les autres acteurs du territoire est au cœur du projet des MJC, que ce soit les collectivités, les acteurs sociaux, culturels… pour répondre aux besoins et mobiliser les habitants. Par exemple une MJC dans la Vienne a travaillé avec la commune l’aménagement du territoire en prenant en compte les enjeux de la transition écologique, la MJCS de La Châtre dans l’Indre, Scène culturelle de proximité, a un partenariat avec la Maison de Georges Sand…
Nous avons tous besoin de travailler ensemble, sur des enjeux partagés.
Crédits photos : Serge Andrieux, Grégory Barroso, Eliot Jimenez

