Retour sur la 5ème édition des Rencontres AJT de Dunkerque, par le Comité jeunes de l'Anacej

Mis à jour : 15 avr. 2019

Jeudi 28 et vendredi 29 mars 2019, 250 professionnel.le.s et élu.e.s jeunesse, chercheurs, jeunes engagés dans des dispositifs de participation ou en Service Civique se sont retrouvés pour deux jours d’échanges et de réflexions dans le cadre des Rencontres Actions Jeunesse et Territoires, organisées par la Ville de Dunkerque et l’Anacej pour la 5ème fois. Retour sur ces deux journées consacrées à la thématique de l’emploi grâce au travail de synthèse réalisé par 10 membres du Comité jeunes de l’Anacej



Nous souhaitons vous partager notre vision des AJT et notre ressenti sur ces conférences. Nous sommes conscients que nous ne représentons pas l’assemblée, mais cela nous semble intéressant d’apporter notre point de vue.

Selon nous, les conférences étaient très intéressantes, malgré le fait qu’elles étaient très théoriques et académiques, et qu’elles manquaient parfois de vulgarisation.

nous allons tenter de répondre aux questions posées dans le programme, en utilisant ce qu’on a retenu de ces deux jours, et en y ajoutant notre point de vue.


Diplôme ou compétence ?

Les deux, mais un recruteur, lorsqu’il sera face à deux candidats, choisira le plus diplômé. Notre parcours scolaire est une référence aujourd’hui. Cependant, on attend de nous qu’on ait des compétences pratiques, ce qui finit par être contradictoire. C’est difficile d’allier les deux : Une alternance nous apporte la pratique, mais on n’aura pas un diplôme aussi élevé que si on avait fait un master. Hier, une des intervenantes disait «Le diplôme, même le plus théorique, est un savoureux mélange de connaissances et de compétences.», c’est vrai, ça ne fait qu’appuyer le fait qu’on développe des compétences au sein d’un diplôme, les deux ne sont pas dissociables.


Le système éducatif est-il adapté ?

D’après nous, le système éducatif ne peut pas être «adapté», parce qu’il faudrait qu’il soit adapté à tout le monde, or ce n’est pas possible. Un participant le disait hier, le système scolaire ne lui plaisait pas, il a décroché. Le problème aujourd’hui c’est qu’il y a une mentalité qui nous pousse à rester dans le système, peu importe si on s’y plaît ou pas, il faut nous laisser notre libre arbitre, faire nos propres choix. Les lycées nous poussent à faire des filières générales, puis des licences, alors qu’il faudrait revaloriser les métiers manuels. Le système scolaire actuellement est contradictoire avec les valeurs qu’on devrait défendre. Il faut être solidaire, ce qui n’est pas mis en avant (mur entre deux élèves pendant les contrôles). Certains parents, encore, se projettent à travers leur enfant, peu importe les envies du jeune en question. Il y a un problème avec la pression parentale et la pression sociale.


Hier, en vous écoutant, nous nous demandions si oui ou non, c’était une bonne idée de se lancer dans de grandes études, étant donné que quelqu’un avec un moins bon diplôme peut gagner pareil, voire plus que nous, à part si on fait une école prestigieuse.

Selon ce qui s’est dit hier, notre avenir est tracé en fonction de notre «niveau d’origine culturelle». APB (l’ancienne plateforme d’orientation) : acceptait tout le monde à la fac, donc un jeune qui a eu un parcours collège/lycée difficile à cause de ses conditions de vie pouvait quand même intégrer la fac. Aujourd’hui Parcoursup prend sur dossier, donc baisse de diversité sociale, les jeunes issus de quartiers défavorisés ont moins accès aux diplômes, défaillance de recrutement auprès de ces jeunes.


Comment la jeunesse appréhende-t-elle l’emploi et son parcours vers l’insertion professionnelle ?

Après la journée d’hier, tout cela est stressant, tout semble négatif. Cependant, la jeunesse d’aujourd’hui est pleine d’espoir et de volonté, on fait en sorte de se donner les moyens, de faire ses propres choix. On va à l’information, on prend l’initiative, on est proactif, mais on a besoin d’accompagnement et de ressources. Et ça existe. Il existe des ateliers CV dans les pépinières jeunesse par exemple, on peut assister à des débats et des conférences, il y a aussi des plateformes d’information comme inspire-orientation, ou encore des associations comme Mozaik RH et Chemin d’Avenir.

Cependant, il reste des inégalités face au réseau, « 70% des cadres le sont grâce à leur réseau », mais c’est à nous d’agir pour notre avenir et de lutter contre ces inégalités. Même si cela est contraire au principe d’égalité des chances.


Comment développer de nouvelles compétences pour améliorer son employabilité ?

Tout d’abord, toute expérience est bonne. Elle est bonne dans la mesure où l’on sait identifier nos compétences et les valoriser. Et c’est là qu’on a besoin d’être accompagné et écouté pour prendre conscience de nos capacités.

Vous vous demandez peut-être qui nous sommes. On fait partie du Comité Jeunes de l’Anacej, qui est l’Association Nationale des Conseils d’Enfants et de Jeunes. Nous sommes tous engagés dans nos villes respectives : exemple. Un représentant de chaque dispositif s’engage au sein du ComJ pour deux ans. Grâce à cet engagement, on a l’occasion d’entrer en contact avec plein de gens, ou encore d’assister à cet événement, on rencontre des jeunes et des professionnels. On acquiert de nouvelles compétences, comme prendre la parole, rédiger des comptes rendus, lancer des campagnes. Et ce genre de choses peuvent être valorisés sur un CV.

On veut revenir sur les notions de compétences et connaissances. En partant de notre expérience au sein du comJ, cela nous permet de comprendre comment sont construites des politiques jeunesses par exemple, et ça, ce sont des connaissance et du savoir. Et en parallèle, on travaille l’écoute, le savoir vivre, on fonctionne beaucoup par la communication orale, et ça, ce sont des compétences.

Pour conclure, nous retiendrons cette phrase :

« Il n’y a pas les jeunes et le travail, mais des jeunes et des travails. »


En complément de cette “synthèse”, nous vous proposons de retrouver les présentations des différents intervenants de la 5ème édition.

La présentation de Stéphanie Moullet, Maître de conférences en sciences économique à l’Institut Régional du Travail d’Aix-en-Provence sur la thématique “Diplômes ou compétences ? Quels savoirs pour l’emploi ? Le système éducatif est-il adapté ?”

La présentation de Mario Correia, Maître de conférences à l’Institut Régional du Travail d’Aix-en-Provence sur la thématique “Comment la jeunesse appréhende-t-elle l’emploi et son parcours vers l’insertion professionnelle ?”

La présentation de Laurène Houtin et Alexis Akinyemi, Docteurs en Psychologie Sociale “Histoire de générations : métamorphose du rapport au travail”

La présentation de Pierre Verbanck, Directeur Général d’Entreprendre ensemble “Quelle responsabilité des acteurs publics dans l’insertion professionnelle des jeunes”

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