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Un serious game contre le harcèlement scolaire

  • 21 août
  • 5 min de lecture

Lauréat du Coup de cœur du Jury des Prix Anacej 2023, le serious game imaginé par le Conseil municipal des jeunes de Chaponost s'est déployé et tous les conseils peuvent maintenant s'en saisir. Il sensibilise les collégiens au harcèlement scolaire grâce à un escape game immersif.


Élodie Dubart, coordinatrice enfance jeunesse à la mairie de Chaponost et animatrice du CMJ depuis 2018, revient sur la naissance de cette initiative conçue par et pour les jeunes.

 

Pourquoi avoir choisi de travailler sur cette thématique ?

 

Lorsque je suis arrivée en 2018, il y avait un réel besoin de travailler sur le harcèlement scolaire. Cela a notamment été confirmé par un diagnostic mené auprès des 11-17 ans. Le sujet a également été soulevé directement par les jeunes du CMJ, une dizaine de jeunes âgés de 11 à 15 ans qui s’engagent volontairement chaque année et choisissent les actions qu’ils souhaitent mener.

 


En 2020, ils ont souhaité s’emparer de cette problématique sous forme d’escape game. Ils avaient envie de proposer une autre manière d’en parler car ils constataient que les sensibilisations classiques restaient souvent très descendantes : on explique ce qu’est le harcèlement mais une fois l’intervention terminée, les situations peuvent continuer et il n’y a pas vraiment de solutions concrètes proposées aux jeunes.

 

Ils voulaient donc créer un outil qui permette de mieux comprendre ce que peut vivre une personne victime en se mettant à sa place et en réfléchissant collectivement aux solutions.


Comment ce serious game est-il né ?

 

La première étape a été l’écriture du scénario par les jeunes. Ils ont ensuite été accompagnés par une entreprise spécialisée dans la création d’escape games afin de faciliter la transformation de leur histoire en énigmes.

 

Pendant près de deux ans, avec une réunion mensuelle d’environ une heure, ils ont travaillé sur le scénario, les énigmes et la conception du jeu. Plusieurs phases de test ont ensuite été organisées auprès d’un public jeunes fréquentant la médiathèque ainsi que des professionnels de l’éducation afin de faire évoluer le dispositif.

 

En juin 2022, les jeunes de la commission prévention ont pu animer leur création auprès de quatre classes de 5e du collège Françoise-Dolto.

« C’est une problématique à laquelle j’ai fait face dont je trouvais ça important de faire de la prévention. C’est une intervention qui change de celle des adultes. On propose  une immersion qui amène plus de remise en question Je suis fière de ce qu’on a accompli et que ça perdure dans le temps » - Maëlie, 18 ans et à l’origine du projet en 2020

Comment se déroule une séance ?

 

L’animation dure environ 1h30 et s’adresse principalement aux classes de 5ème mais peut aussi être proposée à d’autres niveaux du collège, privilégiant de la 6ème à la 4ème.

 

Les élèves découvrent l’histoire fictive de Fabien, un jeune en difficulté. La classe est répartie en sept groupes, chacun associé à un objet lui appartenant : journal intime, téléphone, veste… À partir de ces éléments, les élèves doivent résoudre des énigmes et retrouver progressivement les différentes étapes de son histoire.

 

Après un premier temps de recherche, les groupes mettent leurs découvertes en commun afin de reconstituer une lettre laissée par Fabien. La séance se termine par un échange sur ce qu’ils ont compris de la situation, un partage de leurs émotions et un débat plus large sur les réactions possibles face à ce type de situation.

 

Les membres du CMJ participent directement à l’animation en jouant certains rôles, comme celui d’un professeur ou encore de la CPE, ce qui crée une véritable proximité avec les élèves.

 

Quels sont les objectifs de cet outil ?

 

L’objectif n’est pas seulement de rappeler que le harcèlement est une situation problématique. L’idée est surtout de donner aux élèves des clés pour agir : savoir quoi faire lorsqu’on est victime ou témoin et identifier les personnes de leur établissement scolaire vers qui se tourner.

 

Cet escape game a été conçu en lien avec l’équipe ressource du collège Françoise Dolto. Depuis 2020, dans le cadre du dispositif régional « Stop au harcèlement », du personnel des établissements scolaires de la commune, de la maternelle au collège, ont été formés par le centre RESIS à la méthode de la préoccupation partagée permettant d’impliquer les élèves dans la résolution des situations. Chaque établissement dispose ainsi d’une équipe ressource capable d’accompagner les jeunes concernés.


Selon moi, il est essentiel que les élèves sachent qu’il existe des solutions après l’animation. Un outil comme celui-ci n’a de sens que s’il s’intègre dans un accompagnement global et que les jeunes peuvent être soutenus ensuite.

 

 «  Ça permet de prendre conscience, de mieux réaliser ce que peut vivre une cible de harcèlement scolaire et d’être plus préoccupé par ceux qui ne vont pas bien. De notre côté, le fait d’animer le serious game nous apprend à être responsable, à mieux encadrer des gens. » - Raphaël, 12 ans, animateur du Serious game en 2026

 

Quels résultats observez-vous ?

 

Il est difficile de mesurer directement l’évolution du nombre de situations car le harcèlement est une problématique complexe.

 

En revanche, nous constatons que l’animation facilite la parole des élèves et leur permet d’identifier plus clairement les personnes ressources dans leur établissement. Le questionnaire proposé à la fin de la séance permet également de repérer des jeunes qui ont pu vivre une situation similaire sans forcément en avoir parlé auparavant.

 

Quel impact a eu le Prix Anacej 2023 sur l’avancée du projet notamment ?

 

Le Coup de cœur du Jury des Prix Anacej a apporté une visibilité à cette initiative. Après cette reconnaissance, plusieurs conseils municipaux de jeunes et collectivités ont souhaité découvrir notre démarche. C’est aussi pourquoi nous avons souhaité développer un kit pédagogique afin que l’on puisse se saisir de ce travail réalisé par les jeunes du CMJ de Chaponost.

 

Ce Prix a aussi permis de valoriser l’engagement des adolescents qui ont imaginé et construit ce projet. C’est la quatrième année qu’il fonctionne et les jeunes se sentent valoriser car ils prennent part directement à l’animation. Aujourd’hui, il continue à vivre grâce à la transmission entre les différentes générations du CMJ. Certains anciens conseillers, désormais lycéens, reviennent dans le Collège afin de participer aux animations du jeu.

 

Comment s’approprier le serious game dans sa structure ?

 

Un kit des animateurs facilitant l'utilisation du jeu a été créé. Il s’adresse principalement aux collectivités ou structures qui souhaitent proposer une sensibilisation auprès de collégiens, notamment les classes de 5ème.


Toutefois, il est nécessaire de prendre contact avec nous afin d’obtenir les éléments du jeu et les informations supplémentaires nécessaires à son utilisation. Le kit ne se suffit pas à lui-même : les énigmes et le matériel doivent être transmis pour pouvoir reproduire l’expérience dans de bonnes conditions. Nous recommandons également vivement un accompagnement des jeunes ensuite.

Par ailleurs, il peut être utile de prévoir un petit budget pour l'achat éventuel de matériel.


Pour plus d’informations, veuillez prendre contact avec Élodie Dubart, coordniatrice enfance jeunesse : e.dubart@mairie-chaponost.fr.

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