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Changer de regard sur l’enfant

  • 5 févr.
  • 3 min de lecture

Alors que la tendance de lieux « no kids » s’impose progressivement au cœur du débat public, la décision de la SNCF de mettre en place des wagons excluant les moins de 12 ans, traduit une perception de l’enfant comme une gêne à écarter. Présentée comme un moyen d'améliorer le confort des voyageurs, cette mesure soulève en réalité une question plus profonde : quelle place notre société est-elle prête à accorder à nos enfants ?

 

Comprendre l’infantisme

 

Dans un précédent article, nous avions déjà abordé la notion d'infantisme et posé les bases de cette notion encore largement méconnue du grand public.

La publication du livre de la psychiatre et sociologue Laelia Benoit a largement contribué à faire prendre conscience de ce phénomène en le nommant. Tel qu’elle le définit, l’infantisme renvoie à l'ensemble des préjugés, des représentations et des discriminations qui touchent les enfants et les jeunes du fait de leur âge. Ces mécanismes, souvent banalisés, participent à leur disqualification dans l’espace social en niant leur légitimité à occuper pleinement les lieux communs, à faire entendre leur voix et à être considérés comme des sujets à part entière.


Il est essentiel de rappeler que l’enfant doit être reconnu en tant que tel. Il ne saurait être considéré comme un adulte en miniature auquel on imposerait les mêmes exigences et responsabilités. Reconnaître l’enfant comme un être à part entière implique avant tout de lui accorder une égale dignité, en supprimant les rapports de domination, tout en tenant compte de sa vulnérabilité.

 

Cela suppose ainsi de repenser la posture d’adulte, souvent marquée par une forme de toute-puissance, pour aller vers un accompagnement fondé sur une relation sécurisante. Il ne s’agit ni de contrôler excessivement ni de surprotéger, mais d’accueillir les émotions, de reconnaître l'expertise de leur propre vécu et de leur accorder une véritable écoute au sein de notre société.

 

Agir avec la Fondation pour l’Enfance

 


L’enfant apparaît ainsi comme la seule catégorie de population explicitement écartée de certains espaces publics de manière totalement assumée. C’est précisément sur ce sujet que la Fondation pour l’Enfance, née en 1977 de la volonté de lutter contre les maltraitances faites aux enfants a publié un rapport en janvier 2026. La Fondation ambitionne de changer le regard porté sur l’enfant et de contribuer à redéfinir sa place dans la société française.


Ce premier acte propose une analyse approfondie et un état des lieux de la situation actuelle en France. Il permet de nommer les réalités, de poser des mots sur les enjeux et d’établir un panorama clair et documenté des conditions de vie et de considération des enfants aujourd’hui.

 

Parmi les grands thèmes figurent l’asymétrie des relations entre enfants et adultes, le rapport à la parentalité ainsi que la place des enfants et des jeunes dans les espaces collectifs. Ce travail souligne également l’importance de la prise en compte de leur parole et de leur participation dans l’élaboration des politiques publiques, un enjeu cher à l’Anacej comme en témoigne le site Objectif Citoyenneté Enfance Jeunesse


La publication de cet Acte I a été accompagnée d'un événement organisé le 14 janvier dernier, réunissant différent·es acteur·rices et professionnel·les du secteur de l’enfance. Cette rencontre a permis de nourrir une réflexion collective parfois complexe, de confronter leurs analyses diverses et de partager des pistes de réflexion sur la manière dont notre société accueille, ou non, les enfants. Les différents intervenants ont ainsi enrichi les échanges, chacun apportant sa pierre à l’édifice, parfois avec des points de vue divergents, révélateurs de la complexité du sujet.

 

La Fondation pour l’Enfance ne s’arrête pas à cet état des lieux. Elle poursuit sa démarche avec un Acte II résolument tourné vers le passage à l’action, avec l’ambition de formuler des recommandations concrètes pour répondre aux enjeux soulevés.


La Fondation pour l’Enfance vous invite par ailleurs à contribuer et offre 3 modalités de participation :

  • Une contribution écrite (maximum 3 pages) à envoyer à  participation@fondation-enfance.org (objet « CONTRIBUTION ») avant le 15 juin 2026,

  • Des ateliers de réflexion collective avec nos partenaires la semaine du 18 mai 2026.  Pour participer, contactez participation@fondation-enfance.org (objet "ATELIER").

  • Des ateliers de participation des enfants : la Fondation souhaite être mise en contact avec les groupes/comités/conseils de vos organisations. 

 

Pour aller plus loin dans la réflexion avec l'Anacej…


Le mardi 5 mai, un Anacej Bonjour, ouvert à toutes et tous, organisé le 5 mai 2026, sera consacré à la place de l’enfant dans notre société et à cette volonté de changement de regard sur l’enfant avec les interventions d’Arthur MELON, Directeur général du Cofrade et d’Arsène BIESSY , Président du Cafézoide.


Rendez-vous le mardi 5 mai 2026  de 15h à 17h !



En attendant, n'hésitez pas à consulter les ressources, notamment à écouter les podcasts sur la thématique dans la médiathèque de notre site Objectif Citoyenneté Enfance Jeunesse.


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