EDF implique les jeunes avec un hackathon
- 29 juin
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Pour le Groupe EDF, partenaire de l’Anacej depuis de nombreuses années*, la participation des jeunes constitue un enjeu démocratique, social et stratégique dans un contexte de transition énergétique et d’affirmation de nouvelles formes d’expression citoyenne.
Pourtant, leur mobilisation reste souvent marginale, perçue comme difficile, d’autant plus lorsqu’il s’agit de projets d’aménagement ou d’infrastructures territoriales dont les temporalités longues et la technicité peuvent sembler éloignées des préoccupations immédiates de la jeunesse.
Le Groupe a donc récemment édité un guide interne « Concertation et jeunesses - Défis et solutions pour un dialogue inclusif » pour épauler les équipes des projets dans la mobilisation et la concertation des jeunes. Le sujet est aussi traité au sein du réseau « dialogues et concertations » qui réunit les responsables en charge des actions de dialogues des métiers et filiales du Groupe, permettant l’échange d’expériences.
Illustration avec Julien Cauchon, Chargé de Mission Action Territoriale de la centrale nucléaire de Paluel en Seine-Maritime.
En introduction, quelles sont les missions de dialogue d’un site de production EDF sur son territoire ?

La centrale de Paluel a aujourd’hui 40 ans. Nous réalisons actuellement de nombreux travaux qui doivent nous permettre d’obtenir l’autorisation d’exploiter nos réacteurs pendant les 10 ans qui viennent. Ce programme industriel très important implique pour nous des besoins de recrutement mais aussi un accroissement d’activité économique sur le territoire. Nous avons donc besoin de communiquer régulièrement avec l’ensemble des acteurs (représentants de l’Etat, élus, institutions liées à l’enseignement et la formation, acteurs économiques…) pour être visible et bien identifié dans un tissu industriel très dense.
Pour le recrutement par exemple il est important que nous soyons bien identifié par toutes les écoles, dialoguer avec elles, passer des conventions…
Ce dialogue se construit également avec les associations locales dont nous soutenons des projets, en cohérence avec les valeurs du Groupe EDF.
Quelles actions menez-vous en direction des jeunes et pourquoi ?
Nous sommes sur un territoire qui a du mal à attirer des jeunes venant de l’extérieurs, il nous faut donc nouer des liens avec ceux qui vivent et étudient ici car ce sont les futurs salariés de la filière nucléaire locale. Il est important pour nous de leur donner une autre vision des métiers techniques et de l’industrie. Ce ne sont plus les métiers d’hier dont on a une image dépassée.
Au-delà des métiers, c’est également l’occasion de parler d’engagement sociétal. Les entreprises, comme les jeunes, ont un rôle à jouer sur le sujet. On travaille par exemple avec une association qui accompagne des jeunes en situation de handicap dans leur compréhension de leur futur rôle en tant que citoyen. Dans le cadre de cette action, des salariés d’EDF ont animé une fresque du climat avec eux.
Pouvez-vous nous présenter le Hackatome ?
Pour mieux faire connaître nos métiers, nous avons créé cet événement en 2023. Inspiré des hackatons, cette première édition a rassemblé 95 lycéens et étudiants, de 16 à 23 ans. Pendant deux jours, ils ont travaillé en groupe pour proposer une solution techniquement déployable, répondant à une demande présentée par des référents métiers de la centrale. Pour ces professionnels il y avait aussi un intérêt à se nourrir de leur regard, de découvrir comment des jeunes en formation appréhendent les sujets techniques sur lesquels nous travaillons.

Il ne s’agissait pas d’un concours entre écoles, nous avons au contraire créer des équipes avec des profils variés, deux jeunes en bac technologique ou professionnel, deux jeunes en BTS et un jeune en école d’ingénieur. Ils étaient mis en situation, comme dans une entreprise, dans le but de valoriser leurs connaissances et leur expertise.
Ils ont présenté leurs solutions à un jury mixte composé de représentants de la centrale et des équipes pédagogiques. Leurs préconisations techniques étaient de qualité et certaines ont d’ailleurs été mises en œuvre. 30 des 95 participants ont été accueillis en stage ou en alternance à la centrale ou dans une entreprise de la filière.
Après cette première édition qui était un peu un test, la centrale de Penly a participé à l’édition 2025 et nous avons accueilli 150 jeunes. Nous préparons maintenant l’édition 2026 qui aura lieu en décembre.
Comment les jeunes ont-ils vécu cette expérience ?
Ils ont été enthousiastes. Ils ont eu le sentiment d’être pris au sérieux, les référents métiers les considéraient comme des futurs salariés et comme des techniciens à part entière.
La mixité des groupes a aussi été très appréciée, les jeunes en filière professionnelle ont souvent un complexe par rapport aux futurs ingénieurs et là ils ont pu valoriser leurs connaissances, tous avaient un rôle et étaient légitimes.
Le travail en groupe les a aussi aidés à prendre confiance, ils ont apprécié de rencontrer d’autres jeunes qu’ils ne connaissaient pas et de parvenir à produire quelque chose ensemble.
Ils sont ressortis très motivés de cette expérience. Les enseignants en témoignent et attendent les prochaines éditions.
Au fil des éditions, avez-vous apporté des améliorations ?
Il y a un travail important en amont pour aller présenter la démarche dès septembre dans les classes. Il faut les rassurer, les sécuriser, surtout les plus jeunes qui ont peur d’être mis en difficulté.

Il faut aussi être très clair sur la suite, participer au Hackatome donne aux jeunes un atout sur leur CV mais pour autant ils n’ont pas une embauche à la clé. Pour ne pas créer trop de déception toutefois, pour la prochaine édition seuls les services et les entreprises qui ont des places en stage ou en alternance participeront.
Sur la mixité filles-garçons nous sommes contraints par la réalité dans ces filières, mais dans celles qui comptent des filles les établissements ont favorisé leur participation.
Cette participation des jeunes a-t-elle été valorisée ?
La première édition a été présentée au plus haut niveau du groupe EDF et des institutions des métiers du nucléaire. Le Hackatome a été présenté à plusieurs challenges internes du groupe et nous avons emmené des jeunes participants présenter et défendre le projet devant le jury du challenge Innovation avec le PDG d’EDF. Les jeunes participants d’un lycée ont pu aussi participer en visio et dialoguer avec le PDG.
Le Hackatome a remporté différents prix au sein du Groupe EDF. Nous avons eu à cœur à chaque fois d’adresser nos remerciements aux établissements. Nous avons également tenu à ce qu’un trophée puisse être remis à chaque établissement participant en présence des élèves. Sans eux, un tel projet n’aurait jamais vu le jour.
La première édition du Hackatome a également été couvert par la presse locale qui a tenu à interviewer certains des élèves. Lors de la deuxième édition, nous avons eu la chance d’accueillir la rectrice de l’Académie de Normandie ainsi que des élus de la Région qui ont pris le temps de rencontrer et d’échanger avec les participants.
Cette expérience inspire-t-elle d’autres pratiques ?
Oui, la centrale fait partie du club des entrepreneurs de la Côte d’Albatre qui travaille notamment sur l’attractivité du territoire pour les jeunes. Pour cela nous avons besoin de leur regard et nous allons les associer.
* Le partenariat entre EDF et l’Anacej repose sur un soutien financier et la collaboration sur plusieurs actions chaque année : EDF est membre du jury des Prix Anacej et parrain de la catégorie Développement durable, est présent lors des congrès avec des animations destinées aux jeunes, le Comité jeunes a été associé à un numéro spécial de la revue Energie des territoires en 2024, l’Anacej a contribué avec EDF et les Eco-maires à un guide ressource sur la transition pour les nouveaux élus municipaux en 2026… |

