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* L'obligation de formation des 16-18 ans : rapport Charrière-Roger *

Dernière mise à jour : 27 janv. 2020

Mise à jour le 24 janvier 2020

C'est quoi ?

Le 13 janvier, Sylvie Charrière, députée de Seine-Saint-Denis, et Patrick Roger, conseiller municipal et président de la mission locale et de la maison de l’emploi de Strasbourg ont remis leur rapport sur la « Formation obligatoire des 16-18 ans - Passer d’un droit formel à un droit réel » au Premier ministre, en présence de Jean-Michel Blanquer, Muriel Pénicaud et Christelle Dubos. Ils avaient été missionnés pour préparer l’entrée en vigueur de l’obligation de formation des 16-18 ans prévue par la loi du 26 juillet 2019 pour une école de la confiance. Pour rappel, tout jeune entre 16 et 18 ans devra désormais se trouver, soit dans un parcours scolaire ou en apprentissage, soit en emploi, en service civique, en parcours d’accompagnement ou d’insertion sociale et professionnelle. Il s’agit donc d’une nouvelle obligation pour les jeunes en décrochage scolaire et surtout de nouveaux « devoirs » pour les pouvoirs publics. Les rapporteurs rappellent que « l’obligation pèse d’abord sur les pouvoirs publics qui ont la responsabilité de proposer des formations adaptées, en nombre suffisant et équitablement réparties sur le territoire ». Comme la loi ne précise pas ses modalités de mise en œuvre, Sylvie Charrière et Patrick Roger ont donc été chargés de faire des préconisations qui vont concerner, selon eux, 75.000 jeunes (16.000 sont âgés de 15 ans, 23.000 de 16 ans et 38.000 de 17 ans), soit près de 5% d'une classe d'âge. L’obligation de formation s’appliquera dès la rentrée prochaine. 30 mesures sont proposées dans le Rapport.

Pour les co-auteurs, «l’amélioration du repérage des jeunes « perdus de vue » doit naturellement être le point de départ de la mise en œuvre de la mesure ». Pour cela, ils formulent de nombreuses préconisations dont celle de « lever la borne des 16 ans pour le signalement du décrochage scolaire ». Autrement dit, ils souhaitent « lever un tabou autour de la déscolarisation précoce d’un grand nombre de jeunes de moins de 16 ans (estimé à environ 2 % à 15 ans soit de l’ordre de 16 000) en dépit de l’obligation d’instruction et donc de renforcer la prévention du décrochage dès le collège ». Ils proposent également de redéfinir « les critères pertinents de signalement de l’absentéisme comme signal d’alerte de risque de décrochage» au sein des réseaux Foqual (qui rassemblent les acteurs de l'Éducation nationale intervenant dans la prise en charge des jeunes sortis sans diplôme). Pour améliorer le repérage des jeunes en situation de décrochage, une nouvelle plateforme de suivi pourrait être créée permettant un suivi en temps réel. Parmi les nombreuses autres propositions, les auteurs préconisent de renforcer le réseau Foqual / Missions locales. Ces dernières seraient renforcées dans leur rôle. En charge du « raccrochage » du jeune, elles pourraient bénéficier d’un fonds «Ambition 16-18». Elles pourraient alors «financer directement, en fonction des besoins du jeune, des actions de remobilisation préalables à la préqualification et pour apporter des aides directes en nature aux jeunes ». Des comités locaux pour la jeunesse pourraient être créés « visant à doter les maires et présidents d’intercommunalités d’une instance destinée à renforcer la dynamique partenariale autour de la jeunesse ». Parmi les missions possibles de ces comités, les rapporteurs mentionnent le « repérage des jeunes perdus de vue ». Un livre de chevet pour le Premier ministre qui doit rendre ses arbitrages bien avant la rentrée de septembre.


Le Rapport Charrière-Roger : https://bit.ly/2GeZrhm



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